Être une femme à Madagascar signifie souvent faire face à de nombreux obstacles : la précarité économique, les discriminations, les violences, la difficulté d’accès à certaines opportunités. Dans le système patriarcal dominant, chaque femme fait face à des formes d’inégalités, mais celles-ci ne sont pas vécues par toutes de la même manière.
Au-delà des inégalités basées sur le genre, il existe de nombreux facteurs de marginalisation qui entrent en jeu. Ainsi, une femme subit plus d’une forme d’oppression si, par exemple,
- elle vit en situation de pauvreté,
- elle vit en milieu rural,
- elle est handicapée,
- ou elle fait partie de la communauté LGBTQ+.
Toutes ces formes de marginalisation créent des réalités multiples, des inégalités qui se croisent et qui se renforcent : elles sont intersectionnelles.
A Madagascar, aujourd’hui plus que jamais, nous assistons à cette intersectionnalité. De nombreuses femmes Malagasy sont en situation de dépendance financière, elles font face à des obstacles liés à l’accès à la terre et aux ressources. Les violences et discriminations dont elles sont victimes sont encore aujourd’hui banalisées. A cela se rajoutent les effets des crises climatiques et écologiques sur leurs moyens de subsistance. De ce fait, il est impossible de parler des droits des femmes à Madagascar sans reconnaître que notre contexte économique, social et environnemental multiplie les inégalités subies par les femmes Malagasy. Ainsi, la lutte pour les droits des femmes ne peut être séparée de la lutte pour la justice sociale, climatique et économique.
Le 8 Mars est la journée internationale des droits des femmes, mais il convient de rappeler qu’il ne s’agit pas seulement d’un jour de célébration. Aujourd’hui, l’égalité n’est pas encore une réalité. Cette journée symbolise une lutte qui continue, une lutte qui se doit de reconnaître la diversité des inégalités subies par les femmes, et qui se doit de prendre en compte les identités les plus marginalisées et invisibilisées. Nous ne parviendrons à une égalité véritable que si chaque voix est entendue et chaque réalité est incluse.
Notre lutte doit être, avant tout, solidaire, car l’égalité ne se divise pas, elle se construit ensemble.