Concrétisation des droits humains et Solidarité

ORIENTATIONS STRATEGIQUES 2026 – 2030

QUELLES ORIENTATIONS STRATEGIQUES POUR 2026 - 2030?

« Un mouvement féministe engagé pour une transformation structurelle, à l’intersection des luttes pour la justice climatique, l’État de droit et les droits humains. »

Tel est le positionnement central décidé par l’Assemblée Générale lorsqu’il a défini les nouvelles orientations stratégiques pour 2026 – 2030.

Orientations stratégiques 2026 – 2030

    • Structurer et consolider un mouvement féministe, porté par les femmes et les jeunes et ancré dans les réalités des femmes les plus marginalisées ;
    • Porter une vision de la justice climatique mettant en lumière l’impact différencié de la crise écologique sur les femmes et en défendant leur rôle central dans les alternatives durables ;
    • Dénoncer l’extractivisme comme prolongement des systèmes patriarcaux et néocoloniaux, et promouvoir une transition juste incluant les savoirs, les droits et l’autonomie socio-économique des femmes ;
    • Défendre l’État de droit et les droits humains en combattant les systèmes de domination – patriarcat, valdisme, injustices économiques, sociales, écologiques…

TOUTES LES FEMMES NE MENENT PAS LE MEME COMBAT

Être une femme à Madagascar signifie souvent faire face à de nombreux obstacles : la précarité économique, les discriminations, les violences, la difficulté d’accès à certaines opportunités. Dans le système patriarcal dominant, chaque femme fait face à des formes d’inégalités, mais celles-ci ne sont pas vécues par toutes de la même manière.

Au-delà des inégalités basées sur le genre, il existe de nombreux facteurs de marginalisation qui entrent en jeu. Ainsi, une femme subit plus d’une forme d’oppression si, par exemple,

    • elle vit en situation de pauvreté,
    • elle vit en milieu rural,
    • elle est handicapée,
    • ou elle fait partie de la communauté LGBTQ+.

Toutes ces formes de marginalisation créent des réalités multiples, des inégalités qui se croisent et qui se renforcent : elles sont intersectionnelles.

A Madagascar, aujourd’hui plus que jamais, nous assistons à cette intersectionnalité. De nombreuses femmes Malagasy sont en situation de dépendance financière, elles font face à des obstacles liés à l’accès à la terre et aux ressources. Les violences et discriminations dont elles sont victimes sont encore aujourd’hui banalisées. A cela se rajoutent les effets des crises climatiques et écologiques sur leurs moyens de subsistance. De ce fait, il est impossible de parler des droits des femmes à Madagascar sans reconnaître que notre contexte économique, social et environnemental multiplie les inégalités subies par les femmes Malagasy. Ainsi, la lutte pour les droits des femmes ne peut être séparée de la lutte pour la justice sociale, climatique et économique.

Le 8 Mars est la journée internationale des droits des femmes, mais il convient de rappeler qu’il ne s’agit pas seulement d’un jour de célébration. Aujourd’hui, l’égalité n’est pas encore une réalité. Cette journée symbolise une lutte qui continue, une lutte qui se doit de reconnaître la diversité des inégalités subies par les femmes, et qui se doit de prendre en compte les identités les plus marginalisées et invisibilisées. Nous ne parviendrons à une égalité véritable que si chaque voix est entendue et chaque réalité est incluse.

Notre lutte doit être, avant tout, solidaire, car l’égalité ne se divise pas, elle se construit ensemble.

TOUTES LES FEMMES NE MENENT PAS LE MEME COMBAT

Le programme Féministes pour des Alternatives Climat Environnement (FACE)

Le programme Féministes pour des Alternatives Climat Environnement (FACE)

« Autonomisation socio-économique et appui à la résilience des femmes et des filles en situation de handicap face au changement climatique à travers l’agriculture urbaine et l’opérationnalisation de l’Observatoire du Handicap de Madagascar ».

Cette action vise principalement à:

  • Renforcer les capacités de l’Observatoire du Handicap afin de disposer d’informations fiables, sensibles au genre et inclusives vis-à-vis des personnes en situation de handicap. Cela permet d’informer et d’orienter les actions de plaidoyer à l’égard des différentes parties prenantes, y compris l’Etat, les bailleurs de fonds ainsi que les organisations de la société civile. De telles informations pourront, entre autres, orienter les politiques publiques et différentes stratégies, dont celles relatives aux réponses et mesures d’adaptation et de mitigation aux impacts du changement climatique.
  • Renforcer la sécurité alimentaire et l’autonomie économique des femmes et des filles handicapées tout en les impliquant dans des actions de préservation de l’environnement et de résilience face au changement climatique. A cet égard, un programme d’agriculture urbaine hors-sol a été mis en œuvre en leur faveur étant donné qu’elles ne disposent généralement pas de terre à cultiver.
  • Mettre en œuvre une campagne de sensibilisation et de plaidoyer pour une meilleure promotion et protection des droits des personnes handicapées, et principalement les femmes et les filles, y compris dans le cadre du contexte actuel du changement climatique.

Le programme Féministes pour des Alternatives Climat Environnement (FACE) qui rassemble des organisations de la société civile en France et en Afrique. Le CCFD-Terre Solidaire a constitué un consortium composé de Adéquations en France et de deux organisations panafricaines, l’alliance écoféministe WoMin, basée en Afrique du Sud, et ACORD Rwanda, ainsi que deux autres partenaires associés au programme : ACORD Burundi et le mouvement Rural Women’s Assembly (Trust for Community Outreach and Education/RWA), basé en Afrique du Sud. Ce programme est cofinancé par l’Agence Française de Développement (AFD) dans le cadre du Fonds de Soutien aux Organisations Féministes (FSOF).

Programme d’agriculture urbaine hors-sol.

A travers le programme d’agriculture urbaine, les femmes et les filles en situation de handicap vont acquérir des connaissances significatives en matière de techniques agro-écologiques et mettre en œuvre un nouveau mode de production adapté à leur contexte. Ce programme vise à renforcer leur sécurité alimentaire ainsi que leurs capacités de résilience face au changement climatique.

A travers l’utilisation des conteneurs et autres produits recyclés comme les sacs en plastique, elles participent  directement à la préservation de l’environnement au vu des dégâts causés par les sacs en plastique éparpillés en masse jusque dans les océans entourant Madagascar.

 Par ailleurs, les actions de plaidoyer et de sensibilisation menées dans le cadre de ce projet visent à renforcer les capacités d’adaptation et d’atténuation des femmes et des filles en situation de handicap à travers la mise en œuvre de politiques et de programmes adéquats.

Le quartier d’Itaosy, dans la périphérie d’Antananarivo a été choisi comme zone pilote de ce projet d’agriculture urbaine hors-sol au sein duquel 42 femmes/filles en situation de handicap ou des  femmes qui ont un enfant en situation de handicap ont bénéficié d’une formation sur les différents types d’agriculture urbaine, la valorisation des déchets plastiques, ainsi que les techniques de recyclage.

Elles ont également appris les techniques de fabrication du Bio Fertilisant Liquide ou Engrais Liquide et son utilisation dans l’agriculture, de même que le lombricompostage et la lombriculture.

Ces femmes/filles ont ensuite été dotées des intrants et matériels de base requis pour la mise en œuvre de leurs cultures respectives.

Dans la région de Toliara (Sud-Ouest), 27 femmes/filles handicapées ont également bénéficié de ce programme.

Ce programme a débuté au mois de mai 2024. La majorité des bénéficiaires ont pu à ce jour utiliser leurs récoltes pour leur consommation au sein du ménage mais également pour les vendre. Bien que le programme n’eût prévu qu’un appui pour le lancement de ces cultures, CONCRET-S a renouvelé son appui en intrants pour permettre aux bénéficiaires d’étendre leurs cultures afin que les récoltes soient plus conséquentes et aient plus d’impact sur leur vie quotidienne. Les femmes et filles d’Itaosy sont actuellement en mesure de vendre leur production de lombricompost et ont pu approvisionner les bénéficiaires du programme dans le Sud-Ouest du pays.

L’Observatoire du Handicap de Madagascar

L’Observatoire du Handicap est une structure indépendante informelle créée en 2016 mais opérationnelle depuis l’année 2022. Il regroupe 14 organisations de personnes handicapées, 05 organisations/institutions  œuvrant pour les personnes handicapées, 12  organisations de la société civile et 07 Départements ministériels.

La mission de l’Observatoire consiste, entre autres, à assurer une veille permanente de la situation relative aux droits des personnes handicapées à Madagascar, collecter et documenter les données qualitatives et quantitatives y afférentes et en assurer la dissémination. En 2022, les actions mises en œuvre par l’Observatoire ont été appuyées par Handicap International/Humanité Inclusion.

L’un des objectifs de CONCRET-S consiste à renforcer les capacités de l’Observatoire du Handicap afin de disposer d’informations fiables, sensibles au genre et inclusives vis-à-vis des personnes en situation de handicap. Cela permettra d’informer et d’orienter les actions de plaidoyer à l’égard des différentes parties prenantes, y compris l’Etat, les bailleurs de fonds ainsi que les organisations de la société civile. De telles informations pourront, entre autres, orienter les politiques publiques et différentes stratégies, dont celles relatives aux réponses et mesures d’adaptation et de mitigation aux impacts du changement climatique.